Changer de métier et se réorienter dans une nouvelle voie professionnelle
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Changer De Métier : « Pour moi, c’était impératif ! » – Interview

Quand j’ai connu Laurie, elle travaillait dans une boulangerie en tant que vendeuse. Il s’est vite avéré que ce travail ne lui convenait pas et qu’il lui fallait changer de métier. Elle a fait le pas de quitter ce job « alimentaire » non épanouissant pour elle, et de se réorienter professionnellement, tout en continuant à préserver son indépendance financière.

Vivant seule, il s’est posé à elle de trouver sa nouvelle voie professionnelle, tout en assurant une transition sans être obligée de retourner vivre chez ses parents. Voici son interview !

Anne-Claire QuenardelleBonjour Laurie. Peux-tu te présenter ?

Laurie – Je m’appelle Laurie Levier, j’ai 23 ans. J’ai travaillé en tant qu’aide soignante en maison de retraite. J’ai également été auxiliaire de vie à domicile, et après j’ai travaillé 2 ans et demi dans la boulangerie en tant que vendeuse.

Anne-Claire QuenardellePour quelqu’un de 23 ans, tu as déjà une vie professionnelle bien démarrée et variée. Quel a été le déclic pour enclencher un changement dans ta vie professionnelle

Laurie – Ce que je faisais en boulangerie, cela ne me plaisait pas trop. Le milieu médical me manquait, surtout que j’y avais déjà pratiqué. J’avais envie d’y retourner.

Anne-Claire QuenardelleTu avais envie d’y retourner, mais pas de la même manière ?

Laurie – Oui, c’est ça. Pas de la même manière parce que la première fois, ce n’était pas possible. Au niveau physique, c’était trop difficile pour moi.

Anne-Claire QuenardelleA quel moment t’es tu vraiment dit « Stop, je ne peux plus exercer ce métier en boulangerie, je dois changer de profession » ? 

Laurie – J’allais au travail sans envie. Je n’avais plus du tout envie d’y aller, je ne faisais plus mon métier de la même façon. On me le faisait remarquer aussi. Je n’étais plus aussi agréable qu’avant. Aussi bien moi, je sentais que cela n’allait plus, et les gens aussi. 

Anne-Claire QuenardelleTu as donc écouté ce que ta petite voix intérieure te disait, et en même temps, tu as bien pris en compte ce que les autres t’envoyaient comme message. 

Laurie – Oui, parce que cela faisait déjà une bonne année que j’avais envie d’arrêter. Je pense que je suis arrivée à prendre sur moi pendant 1 an. Et après ce n’était plus possible. 

Anne-Claire QuenardelleQuel a été LE moment déclencheur ?

Laurie – J’ai eu quelques soucis de santé. J’avais de grosses douleurs dentaires provoquées inconsciemment. Quand j’ai compris que c’était le stress qui les provoquait, c’est ce qui m’a fait dire qu’il fallait que j’arrête. C’est mon corps qui a parlé. Ma tête a compris à travers les signes de mon corps.

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Anne-Claire QuenardelleEt du coup, qu’as-tu fait ?

Laurie – Un an avant cela, j’avais essayé déjà de partir et d’envisager de changer de métier en allant à la Maison de l’Emploi. Les test que j’ai passés ont fait ressortir que j’étais faite pour le médical. Ça m’avait aidé sans trop m’aider car je le savais déjà. Du coup, je n’étais pas trop avancée. En fait, il y avait une formation qui m’intéressait de secrétaire médicale, mais je n’étais plus  dans les temps pour la faire. Donc, j’ai laissé tomber et j’ai continué à la boulangerie. Et quand je n’ai vraiment pu plus, j’ai demandé une rupture conventionnelle sans trop savoir où j’allais. Je savais que j’avais les indemnités chômage pour me retourner pendant un temps. Pôle Emploi m’a dirigé vers la Maison de l’Emploi à nouveau. Et là, je suis tombée sur un conseiller très à l’écoute. Je lui ai dit tout ce que je voulais et ce que je ne voulais plus. Et il m’a proposé la formation de secrétaire médicale. Et cette fois, c’est tombé au bon moment car elle démarrait 6 – 8 semaines plus tard.

Anne-Claire QuenardelleTu dis donc que tu savais ce que tu voulais et ce que tu ne voulais plus, est-ce que tu peux m’en dire plus ?

Laurie – Je voulais retourner dans le milieu médical, me sentir utile, aider les gens comme avant; Ce que je ne voulais plus, c’était faire des horaires tardifs et en week-end, ni que le métier soit trop physique. Quand il fallait porter les personnes, c’était difficile pour moi. 

Anne-Claire QuenardelleTu as aussi eu l’occasion de tester le métier de secrétaire médicale avant de démarrer la formation de 6 mois il me semble.

Laurie – Oui, j’ai pu effectuer 70 heures de stage découverte. Et comme je connaissais une secrétaire dans un centre de rééducation, je lui ai demandé si c’était possible de faire le stage là-bas. Cela s’est concrétisé et en plus, j’ai pu faire les 2 semaines de stage juste avant le démarrage de la formation. 

Anne-Claire QuenardelleActuellement, tu es en cours de formation, depuis 3 mois déjà. Comment tu vis cette période là ?

Laurie – C’est un métier agréable. Je pensais que la paperasse, cela n’allait pas m’aller. Finalement, c’est très diversifié. Cela dépend où je travaillerai ensuite. Moi, je voudrais travailler en hôpital ou en centre de rééducation. Ce qui m’intéresse, c’est de ne pas faire tout le temps la même chose. C’est un métier qui a toute sa place. Secrétaire médicale, c’est un maillon primordial de la chaîne de santé. Si nous n’étions pas là, il y a plein de choses qui ne se feraient pas : toutes les entrées, toutes les sorties, etc.

Anne-Claire QuenardelleOui, tu as un rôle pivot par rapport à l’accueil des patients.

Laurie – Oui, nous sommes là pour les accueillir, les rassurer, bien les informer, taper les comptes-rendus, commander les ambulances pour eux quand il y a besoin. Il y a ce contact avec le patient que vraiment j’aime beaucoup.

Anne-Claire QuenardelleTa période de réflexion pour franchir le cap a duré plusieurs mois. Tu as quitté ton job sans savoir quel emploi ou quelle formation tu pourrais retrouver. Quels doutes et quelles peurs cela a t-il généré en toi ?

Laurie – Au tout début, j’avais peur de ne rien retrouver. Car je ne voulais pas retourner travailler dans un emploi qui ne me plaisait pas. Je voulais vraiment reprendre un cursus de formation. En sachant que je ne voulais pas trop m’éloigner et que là où j’habite les possibilités sont limitées. Oui, tout cela me faisait peur. C’était un grand saut dans le vide. Après, c’est vite passé parce que tout s’est enclenché en 3 mois. J’ai eu peur, mais cela n’a pas duré longtemps. Je savais que j’avais fait le bon choix. Je me sentais mieux.

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Anne-Claire QuenardelleOui, je sais aussi que tu tenais absolument à t’assumer financièrement, pour conserver ton indépendance, et il t’était indispensable de pourvoir à tes besoins de la vie quotidienne. 

Laurie – Oui, il fallait que je trouve un système qui me permette d’assurer le coup financièrement. Avec les indemnités de fin de contrat, cela a été les 2-3 premiers mois. Maintenant, c’est plus compliqué. Cela fait partie des sacrifices que je fais. Comme je vivais seule, ce n’était déjà pas facile. Là, ça l’est encore moins. Mais cela ne m’inquiète pas comme avant. Je sais que j’ai fait le bon choix. 

Anne-Claire QuenardelleEt en même temps, tu es très débrouillarde pour trouver des bons plans logement.

Laurie – Oui, c’est tombé au bon moment

Anne-Claire QuenardelleC’est tombé au bon moment ou bien tu as provoqué les choses aussi ?

Laurie – Bin, le destin m’a donné un p’tit coup de pouce quand même. J’ai eu l’opportunité d’intégrer une colocation pour réduire le prix de mon loyer. C’est sûr que si je n’avais pas demandé, cela ne se serait peut-être pas fait. Cela fait partie des sacrifices aussi. Moi, qui étais habituée à avoir mon indépendance depuis 2 ans, c’est pas évident de changer mes habitudes. Mais, je sais que tout cela, ce sont des sacrifices pour faire cette formation. 

Anne-Claire QuenardelleAujourd’hui, comment tu te sens ?

Laurie – Je me sens mieux, je suis mieux dans mes baskets. Je ne sais pas si c’est un métier que j’exercerais toute ma vie, mais c’est un bon moyen de me remettre en selle. La formation dure 6 mois, ce n’est pas énorme. Je suis diplômée au bout de 6 mois, ça c’est quand même bien. Et je sais que je suis partie dans ce qui me convient. Je me sens mieux dans mon nouveau domaine professionnel et je me sens mieux dans ma vie perso aussi. J’espère pouvoir rapidement travailler derrière, j’ai bon espoir. Je suis contente m’être donné les moyens. Je suis contente d’avoir eu le courage de quitter mon emploi précédent et d’avoir tenté ma chance pour changer de métier, parce qu’au final, tout va sur des roulettes.

Anne-Claire QuenardelleQu’est-ce qui a le plus compté dans ton environnement pour t’aider à franchir le pas et à te réorienter vers un nouveau métier ?

Laurie – Mes amis. Ils ont été très importants parce qu’ils m’ont soutenu. J’ai rencontré quelqu’un aussi au moment de mon entrée en formation. Il est super, il me soutient à fond. Et dans les moments où je me disais que cela faisait 4 ans que j’avais quitté l’école et que je n’étais pas sûre d’y arriver, il était là pour me booster, tout comme mes amis. 

Anne-Claire QuenardelleCe que tu dis, c’est qu’être entouré dans ces moments de transition professionnelle, c’est vraiment important. 

Laurie – Oui, c’est important. Parce qu’en fait, on est en plein doute. On ne sait pas si on fait le bon choix. On ne peut que s’appuyer sur ses convictions au début. 

Anne-Claire QuenardelleSi tu devais donner un conseil à une personne qui ne se sent pas très bien dans sa vie professionnelle et qui hésite à changer de métier, que lui recommanderais-tu ?

Laurie – De faire le saut pour changer de métier, et de se préparer avant quand même. Surtout comme dans mon cas, s’il faut reprendre les études et que l’on est seule à assumer financièrement, prévoir bien son changement. Mais de le faire, sûr. Ça ne fait que du bien.

Anne-Claire QuenardelleMerci beaucoup Laurie de nous avoir livré ton expérience. Je te souhaite le meilleur pour la fin de ta formation, et tiens moi au courant de la façon dont tu as concrétisé ta nouvelle vie professionnelle ensuite. Avec un job que tu trouveras rapidement j’espère !

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2 commentaires

    • Anne-Claire Quenardelle

      Merci pour ce retour joyeux Valentine !
      Je pourrais te faire témoigner sur ce blog, cela inspirerait certainement d’autres personnes de la fonction publique qui hésite à quitter la sécurité de l’emploi. Si cela te dit…c’est avec plaisir !

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